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Billet d'humeur de Christian Carle

Vous avez dit économie numérique?

Tout le monde s’accorde à dire que l’économie numérique est un enjeu majeur. Pour les entreprises, l’emploi, les régions et le pays mais aussi pour l’Europe… Car la révolution numérique va générer nombre de concepts innovants, de nouvelles technologies, de nouveaux produits logiciels… qui toucheront tous les secteurs de l’économie et de notre vie quotidienne.

Dans cette révolution numérique, la mobilité est au cœur des débats et la localisation au cœur de la mobilité. Et nous sommes, nous, Pole Star, au cœur de la localisation. Avec un but : repousser encore et toujours les limites de performances et, donc, d’usages.

Être guidé grâce à son téléphone portable, avoir accès à une information pertinente via ce même téléphone en fonction de sa position précise dans une gare, un aéroport, un musée, un congrès…, pouvoir suivre, à l’extérieur comme à l’intérieur, des personnes malades ou des enfants pour assurer leur sécurité… C’est possible avec NAO®, les solutions que nous commercialisons et qui sont présentes dans un nombre croissant d’applications.

Mais il ne faut pas se tromper…

Nous avons depuis plusieurs années anticipé cette évolution, étudiée l’évolution des usages, détaillé les marchés et leurs acteurs, recensé les technologies candidates… Ensuite, il y a eu les choix technologiques, les brevets, la conception, le développement, les prototypes, les tests, l’industrialisation, la version commerciale et les premiers clients.

Voir des entreprises américaines ou européennes chercher à se positionner sur les marchés où nous sommes présents est le signe que le marché est là et très dynamique C’est un gros avantage car nos solutions sont validées, matures et de plus en plus utilisées. Mais il ne faut s’y tromper. Cela est l’aboutissement d’une étroite collaboration avec les clients et les utilisateurs permettant ainsi de garantir à nos clients une parfaite adéquation entre leurs besoins et nos solutions. C’est bien sûr un investissement important que nous avons capitalisé.

C’est également une chance historique de faire émerger en France une industrie de pointe à travers un tissu de PME réactives et compétitives, de créer des emplois durables et de prendre une part importante du marché mondial.

Ne pas laisser les entreprises au milieu du gué !

Nous avons une chance historique de faire émerger en France une industrie de pointe à travers un tissu de PME réactives et compétitives, de créer des emplois durables et de prendre une part importante du marché mondial.

Il faut, pour se faire, se doter d’une politique industrielle qui donne aux entreprises les moyens de financer l’industrialisation de leur développement et l’accès aux premiers clients. Les pôles de compétitivité ont permis aux entreprises, même aux plus petites, d’accéder à des financements pouvant atteindre jusqu’à 30 % de leurs coûts de R&D. C’est bien mais bien peu sur des projets d’envergure ! Résultat, nombre de projets aidés en R&D restent dans les cartons car le fossé entre le prototype mis au point et la première vente est énorme…

Or, sur ce marché des technologies très innovantes, le premier enjeu est d’obtenir le premier client, qui va prendre le risque. Le deuxième est de franchir le fossé qui sépare ce premier client (technophile, visionnaire, passionné) du vrai marché, composé de clients convaincus mais préférant voir avant d’acheter ! Il est donc essentiel que, dans la continuité des pôles de compétitivité, les politiques publiques intègrent cette réalité..

Éviter l'émiettement des aides

Les pôles de compétitivités doivent donc définir des stratégies industrielles facilitant l’émergence de champions à l’échelle internationale. Cela suppose d’éviter l’émiettement des supports et des financements disponibles. Il faut aussi que les pouvoirs publics, les ministères, les collectivités… se comportent comme des clients et/ou des prescripteurs avec de la commande publique faisant d’eux les « Early Adopters » (ceux qui adoptent en premier) dont les entreprises ont besoins.

Ce positionnement a un double avantage. Il permet aux pouvoirs publics de contribuer au renforcement de l’entreprise sans recourir aux subventions (contrairement au financement de la R&D) mais, également, de répondre à certains de leurs besoins d’amélioration du service public. Pour une entreprise, avoir un premier client (a fortiori institutionnel), c’est une référence à montrer au marché, une porte qui s’ouvre… Pour cela, dotons nos codes de marchés publics d’un vrai « Small Business Act » qui réservent aux PME certains appels d’offres. Cela permettra aux donneurs d’ordres publics de gérer avec cohérence politique de soutien aux entreprises, développement économique et réponse à des besoins propres de leur service public.

Pourquoi pas maintenant ?

Profitons de « la crise » pour nous poser les bonnes questions et abandonner quelques mauvais réflexes ! A l’heure de la réflexion nationale sur l’avenir de l’industrie, soyons très ambitieux et réfléchissons au moyen d’accompagner les entreprises au mieux sans fausser les règles de concurrence. Il faut que nous soyons bien sûr à la pointe des usages des technologies numériques mais aussi à la pointe des conceptions et des développements de ces technologies, sinon notre appétit justifié pour l’usage intensif de ces nouvelles technologies, alimentera nos voisins. Dommage !